CD Mahler IV - Schönberg (ConcertoNet)
28/05/2009
Gustav Mahler: Symphonie n°4
(arrangement d’Erwin Stein)
Arnold Schönberg : Six Lieder pour orchestre, opus 8 (arrangement de Hanns Eisler et Erwin Stein)
Après Le Chant de la terre arrangé par Schönberg (Fuga Libera FUG516), l’ensemble Oxalys poursuit son aventure en terre mahlérienne avec la Quatrième Symphonie adaptée pour formation de chambre et couplée avec les Six Lieder pour orchestre du compositeur de Moïse et Aaron.
La passionnante notice (trilingue) situe le contexte de ces arrangements
effectués pour l’« Association pour les exécutions
musicales privées à Vienne » fondée en
1918 par Schönberg, justement, et active durant trois ans
seulement (pour raisons économiques). Selon les statuts,
rédigés par Alban Berg en personne, il s’agissait
d’exécuter la musique contemporaine dans des conditions
optimales, à l’abri des contraintes (en particulier du
public « traditionaliste », de la presse et de la
critique), avec toute la rigueur requise et face à des
spectateurs certes concernés mais surtout membres exclusifs de
cette association. Il leur était d’ailleurs demandé
de s’acquitter de leur cotisation annuelle en une fois et… de ne
pas applaudir (« Toute forme d’approbation, de désapprobation
ou de reconnaissance est interdite »). Voilà qui
aujourd’hui ne manque pas de faire sourire.
Cette
publication revêt donc un intérêt documentaire
certain mais aussi musical. Si l’orchestre confère davantage
de rondeur et de dégradé dans les couleurs, cet
arrangement permet de gagner en vivacité et en transparence,
même si l’original de la Quatrième Symphonie se
distingue, en tant que tel, par ces qualités. Oxalys, fondé
au Conservatoire de Bruxelles en 1993, en rend toute l’émotion,
la sensibilité, la douceur, les nuances et la richesse des
climats, faits d’ombre et de lumière. Dans Das himmlische
Leben ainsi que dans l’arrangement des Six Lieder pour
orchestre, interprétés avec puissance et
profondeur, Laure Delcampe, ancienne élève de Jules
Bastin, se distingue sur bien des points mais ce sont les
instrumentistes, soucieux de clarté, de relief et de justesse
expressive, qui offrent les plus grandes satisfactions. Il serait
intéressant de redécouvrir en leur compagnie des
adaptations d’autres Symphonies de Mahler purement
instrumentales, comme les Première, Cinquième,
Sixième, Septième et Neuvième,
même si cet exercice se justifie moins aujourd’hui, ces
œuvres étant largement défendues par les orchestres
symphoniques.
Bron: www.ConcertoNet.com